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Flash Update | Chute des actions

Gardons la tête froide!

Après quinze mois de hausse et un bon début d’année (+5,6% en dollars pour l’indice MSCI AC World en janvier, soit une performance nette de 31,8% depuis fin octobre 2016, d’après Bloomberg), les marchés actions mondiaux étaient surachetés et les investisseurs trop optimistes. Rien de plus naturel dans ces conditions que d’assister à des prises de profits.

Le contexte reste favorable aux marchés actions mondiaux.
Parfois, les marchés réagissent négativement à ce qui s’avère être une bonne nouvelle. En effet, vendredi dernier, l’annonce de bons chiffres d’emploi aux Etats-Unis a déclenché un mouvement de vente boursier. Les créations de postes ont dépassé les attentes en janvier et les salaires horaires moyens ont augmenté de 2,9% en glissement annuel, un record depuis 2009 (source : Bloomberg). Plus généralement, les derniers indicateurs américains laissent  penser que l’économie US connaissait déjà une accélération avant l’annonce des baisses d’impôts fin 2017.

En réaction à un renforcement des anticipations d’inflation, les prévisions de hausse des taux aux USA ont été revues à la hausse : la probabilité d’assister à trois relèvements des taux cette année atteint désormais 82% d’après Bloomberg, le marché s’alignant ainsi sur le scénario de la Fed. Cela a eu pour effet de tirer les taux longs vers le haut : le rendement des bons du Trésor à 10 ans a inscrit un plus haut depuis 4 ans à 2,84% vendredi (source : Bloomberg).

Ces bonnes perspectives économiques ne concernent pas uniquement les USA. De par le monde, les chefs d’entreprise et les ménages ont repris confiance, incitant la Banque mondiale récemment à relever ses prévisions de croissance globale pour 2018. Par conséquent, les rendements des obligations d’Etat ont augmenté dans bien des pays, ce qui tend à exercer des pressions baissières sur les valorisations boursières. Dans ce contexte, les marchés actions ont subi un puissant mouvement de vente ces derniers jours. L’indice MSCI AC World est en recul de 6,3% par rapport à son plus haut du 26 janvier (source : Bloomberg).

Toutefois, le contexte économique et les fondamentaux des entreprises restent favorables aux actions mondiales. La croissance économique et la politique globalement accommodante des banques centrales ont contribué à améliorer sensiblement les chiffres d’affaires et les bénéfices des entreprises. 80% des chiffres publiés par les entreprises américaines pour le quatrième trimestre 2017 ont dépassé les attentes, soit un record depuis 2000. Et pas moins de 75% des sociétés ont revu à la hausse leurs prévisions pour 2018.

Mais alors, comment expliquer le mouvement de vente ?
Comme suggéré plus haut, un mouvement de vente était à prévoir après une aussi longue période de gains. D’après nous, ce phénomène a été exacerbé par divers facteurs techniques. Ces dernières années, de multiples stratégies systématiques ont été lancées et toutes visent à réduire l’exposition quand l’appétit pour le risque s’atténue et que la volatilité augmente, comme ces derniers jours. De telles techniques tendent à accentuer les mouvements de marché, comme cela a été le cas pendant le « krach éclair » du 5 février sur le marché des actions US.

Toutefois, le revirement soudain des marchés ces derniers jours a permis de corriger certains des excès mentionnés plus haut. Par exemple, à la clôture hier, le marché US était survendu et la complaisance des investisseurs a rapidement disparu, comme le prouve le rebond de l’indice de volatilité implicite VIX (mesurant l’aversion au risque) à un plus haut depuis 3 ans.

Conclusion
Lors d’une réunion exceptionnelle le 6 février, notre Comité d’investissement a décidé de maintenir ses recommandations au regard des quatre piliers de son processus d’investissement (contexte économique, valorisations et fondamentaux, momentum, sentiment).

Nous conseillons encore de rester défensifs sur les produits obligataires au vu de la hausse des rendements et de légèrement surpondérer les actions. Le Comité se réunira de nouveau demain pour reconsidérer l’ensemble de son positionnement. Nos conclusions seront publiées vendredi 9 février.